Tumulis, Bulguksa et Seokguram Grotto

Un peu courbaturés mais bien au chaud après une nuit sur le ondol bouillant, on est surpris d'avoir aussi bien dormi. La salle commune de l'hôtel est pleine, tout le monde prend son petit déjeuner. Au menu, à peu près la même chose qu'au restaurant de la veille. Il ne semble y avoir aucune différence entre les trois repas de la journée pour la plupart des Coréens. On va se contenter d'une tasse de thé. Nous sommes les seuls occidentaux à table ce matin, donc automatiquement le centre d'attention.

Êtes-vous profs d'anglais ?
Est-ce qu'on peut pratiquer avec vous ?
Pourquoi êtes-vous en Corée ?
Il fait froid au Canada ?
Que mangez-vous au Canada ?

Il y a rafale de questions et inévitablement...........

Avez-vous gouté les spécialités locales? Nous qui étions si heureux de ne pas avoir l'estomac à l'envers après la soirée d'hier.

Heureusement, sur la table il y a des petits gâteaux. Fabriqués à la boulangerie Hwangnam depuis 1939 et exportés partout à travers la Corée, les beignets sont fourrés à la pâte de haricots rouges, surprenants mais pas mauvais du tout. En après-midi, on passe même à la fabrique pour en acheter quelques-uns. Enfin quelque chose que l'on aime.

Tandis que les pharaons d'Égypte et les civilisations précolombiennes ont leurs pyramides, les Nabatéens l'immense cité de Petra et les Kmers les temples d'Angkor, les monarques de la dynastie Shilla, eux, possèdent leurs tumulis!

tumuli gyeongju

tumuli gyeongju 2

Au total, 23 buttes (tumulis) qui servent de tombeaux à la royauté depuis plus de 1500 ans. On est peu impressionnés, mais peut-être qu'avec une petite couche de neige et des crazy carpet... À l'intérieur, par contre, ça devient plus intéressant. On peut repérer les différentes étapes de construction et voir comment les nobles étaient enterrés avec toutes leurs richesses. Ces trésors sont d'ailleurs exposés à l'excellent musée national de Gyeongju.


Les parcs de la ville sont renommés comme étant les plus beaux et les plus romantiques de Corée. Mais quand on aperçoit le gazon jauni par le froid et les étangs de nénuphars boueux (hélas sans nénuphars), on comprend pourquoi il y a si peu de touristes en cette période de l'année. C'est bien de visiter en dehors de la saison touristique parce qu'on a l'avantage de rencontrer plus de coréens, mais on a aussi la désagréable impression de rater certaines attractions.

observatoire cheomseongdae gyeongju

On fait un arrêt rapide à l'observatoire Cheomseongdae. Construit au 7e siècle, il s'agit d'une des plus vieilles installations scientifiques sur terre. Mais la vraie attraction de Gyenongju se situe plutôt à quelques kilomètres du centre ville. Les temples de Bulguksa et de Seokguram Grotto sont tout simplement époustouflants! Ils méritent amplement leur inscription sur la liste de l'héritage mondial de l'UNESCO.

bulguksa 3

Bulguksa

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détail bulguksa


Gyeongju

Deux billets pour Gyeongju s'il vous plaît. JI ONG JU, DJI É ONG DJU.........On a beau essayer toutes les prononciations imaginables et contorsionner nos cordes vocales de manière surhumaine, nos prouesses linguistiques coréennes n'impressionnent personne. Impossible de se faire comprendre. On finit par pointer les symboles hangeul 경주시 dans notre guide de voyage et on réussit tant bien que mal à embarquer dans un bus vers l'ancienne capitale du royaume de Shilla. Habituellement, quand le vendeur de tickets semble surpris de voir arriver deux touristes et qu'il ne devine pas automatiquement notre destination, on est certains de partir pour toute une aventure! Pourtant, après Séoul, Gyeongju est la ville la plus visitée de Corée. Le site internet de l'UNESCO parle d'un musée à ciel ouvert et du point culminant de toute visite en Corée.

La propriétaire de l'auberge de Busan nous avait suggéré de passer la nuit dans une maison traditionnelle coréenne et elle a gentiment réservé pour nous au Sarangchae home stay. Elle nous a même imprimé un plan pour que l'on n’ait aucun problème à trouver l'endroit.

SA RANG CHA É ........... SA RAN SA........ On tourne en rond depuis plus de 45 minutes dans des ruelles sans nom où devrait se trouver notre hôtel dont on n'arrive pas à prononcer le nom, dans une ville que l'on connaît seulement sous les symboles 경주시 . Heureusement, on a une carte!

Pas très utile comme plan, mais on finit quand même par trouver, après avoir arpenté une par une toutes les ruelles de la ville qui ne sont pas sur ce plan. Ça valait vraiment le coup, l'endroit est parfait. La maison rustique tout en bois a plus de 150 ans et ressemble à un temple bouddhiste. Les chambres minuscules sont disposées autour d'une cour centrale et on y rentre par une porte coulissante en papier peint. À l'intérieur, un seul meuble, une petite étagère, rien d'autre sauf quelques couvertures pliées dans un coin. Pas de lit, on va certainement nous apporter un tatami plus tard en soirée. On dépose nos sacs et on se rend au bâtiment principal boire une tasse de thé pour se réchauffer un peu avant d'aller visiter la ville.



Dans la cuisine, on rencontre deux Coréennes qui viennent de terminer leurs études universitaires et qui en profitent pour visiter un peu leur pays. Quelques heures et plusieurs théières plus tard, on se rend compte qu'on a passé la journée à discuter, on a beaucoup appris sur la Corée, mais on n’a toujours rien visité. Affamés, nos deux nouvelles amies nous suggèrent un restaurant traditionnel réputé à travers le pays. Selon elles, on devrait adorer et bien se rassasier.


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À l'extérieur du restaurant, dans le jardin, il y a plusieurs cages suspendues aux arbres avec de jolis oiseaux exotiques à l'intérieur. Dans le hall d'entrée, en patientant pour une table, on peut admirer les diverses collections des propriétaires. Il y a celle des figurines cheaps du magasin à une piastre, celle des roches qui ressemblent à des choses, et surtout celle des oiseaux empaillés! Une serveuse vient nous chercher pendant que l'on observe la roche sensée ressembler à un cheval et nous mène à une table. Elle nous quitte aussitôt, sans que l'on n'ait rien commandé. Pourtant, les plats commencent à arriver, encore et encore, jusqu'à ce que la table soit pleine. Devant nous, 37 assiettes! On a faim, mais pas à ce point-là. On inspecte rapidement les plats, c'est bon, aucun oiseau exotique. En tout, on peut identifier moins d'une dizaine de mets sur la trentaine et il s'agit principalement des herbes qui semblent servir de tortillas, si l'on se fie aux gens autour de nous. Du poisson, des crevettes, du boeuf, du porc, deux autres viandes mystère, plusieurs légumes inconnus, mais surtout des mollusques visqueux à l'odeur douteuse! On commence par prendre un peu de poulet que l'on enroule dans une feuille de laitue. WOAH!, ça arrache! On aime le piment, mais quand on a les lèvres et la langue qui enflent, c'est un peu trop épicé à notre goût. Le poisson grillé est assez bon, ça nous met en confiance, c'est le moment d'essayer quelque chose de nouveau, pourquoi pas les crevettes marinées. On en dépose quelques-unes dans une feuille de chou blanc et on déguste. Automatiquement, j'ai un haut-le-coeur atroce en croquant les crevettes qui ne sont pas marinées, mais bien crues et recouvertes d'une sauce au piment fermenté qui a le goût, la texture et l'odeur du lait caillé. Impossible d'avaler! Mais au moment où j'allais tout recracher, la serveuse a la merveilleuse idée de venir remplir nos plats parce que comble de malheur, tout est à volonté. J'ai donc avalé de force pour ne pas avoir l'air fou. Plusieurs mois plus tard, juste à y penser, j'en ai toujours la nausée! On en a pourtant mangé des trucs bizarres et expérimenter de nouvelles recettes fait partie de ce que l'on aime le plus en voyage. On a goûté presque tous les plats, mais la plupart étaient tout simplement immangeables. On a commandé un verre d'alcool local, du soju, pour essayer de faire passer le tout, mais même ça, ça ne passait pas. La gastronomie coréenne, très peu pour nous.


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On quitte le restaurant en laissant la table pleine, toujours aussi affamés. On a un mauvais goût dans la bouche qui ne semble pas vouloir partir et on a envie de nourriture connue, quelque chose de simple. Il se fait tard, on voudrait seulement se remplir l'estomac, mais on dirait que tous les restaurants offrent le même menu traditionnel. En tournant un coin de rue, une apparition fantastique, une magnifique arche d'orée, un McDonald! Exactement ce dont on avait besoin. Comme deux enfants surexcités, on se précipite à l’intérieur.


À la maison, on mange rarement chez McDo sauf qu'en voyage, on s'y rend au moins une fois par pays. Surtout pour les toilettes propres, la clim, le wifi ou pour essayer les spécialités locales. Chez nous, il y a la poutine. On a essayé le mcarabia en Égypte, le mcspaghetti avec des bouts de saucisses dedans, le riz et le poulet frit aux Philippines, les McDo sans boeuf de l'Inde, la mcbière en Allemagne, les mcshrimps au Japon, et on a présentement devant nous, le Bulgogi Burger Coréen, du boeuf mariné dans une sauce incroyable, un vrai délice!



De retour à l'hôtel, on croise nos deux nouvelles amies et on termine la soirée devant une dernière tasse de thé avant d'aller se coucher. Puis, avez-vous aimé nos spécialités locales? AH.....eeeeeeeee.............OUI , on a adoré le boeuf Bulgogi!


Dans la chambre, ce que l'on croyait être une couverture s’avère être le tatami. Les Coréens les aiment moins épais que les Japonais pour mieux sentir la chaleur du plancher chauffant, la seule source de chaleur de la pièce! Couchés par terre, on se remémore la journée. On s’est perdus, le restaurant était ignoble et l'hôtel inconfortable, pourtant Gyeongju est vraiment un des points forts de notre périple en Corée. On a vécu de nouvelles expériences, discuté avec des gens intéressants et plongé à fond dans une culture inconnue, tout ce qui fait un voyage réussi selon nous. Et dire qu'on n'a même pas encore visité la ville!

Beomeosa

Situé en pleine forêt de bambou, sur le versant du mont Geumjeongsan surplombant la ville de Busan, le temple bouddhiste de Beomeosa fut construit à l'endroit précis où se trouverait, selon la légende, un puits sans fond. L'eau, aux propriétés magiques, aurait une couleur dorée attribuable aux poissons d'or descendus des cieux; ils vivent dans ce puits depuis plus de 1300 ans.

Durant la dynastie Joseon, le bouddhisme coréen fut interdit. C'est pourquoi plusieurs temples, pour éviter les représailles, furent construits dans des endroits reculés et difficiles d'accès. De nos jours, il suffit de quelques minutes à bord du métro ultra moderne et d'un court trajet de bus pour se rendre au sentier qui traverse la forêt jusqu'au temple.
En sortant du bus, notre voisin, un touriste japonais, enfile ses bottes de marche, déplie d'un coup sec son bâton rétractable en titane, ajuste sa montre gps, se déballe une barre énergisante, met la paille de son sac gourde dans sa bouche et nous souhaite une bonne marche en quittant d'un pas déterminé! On regarde fièrement nos pieds en se disant que pour une fois, on a bien fait de ne pas mettre nos gougounes. Finalement, moins d'une dizaine de minutes de marche plus tard, sur un sentier plat, on aperçoit déjà une pagode au loin. Toujours aussi bien équipés ces Japonais, peu importe l'activité!
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À l'entrée sculptée, à l'intérieur d'une arche, se trouvent deux magnifiques gardes multicolores. Destinés à effrayer les mauvais esprits, on a trouvé qu'ils avaient plutôt l'air accueillant comparé aux affreux gremlins postés à leurs pieds.
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Le complexe est un lieu de culte toujours actif. Les moines en toge grise récitant des prières, les gens ordinaires venus y méditer, l'architecture élaborée des monuments et l'air frais de la montagne rendent l'endroit tellement joli et apaisant qu'il n'est pas surprenant que leur programme de séjour avec les moines soit si populaire auprès des touristes.
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De retour à Busan, il fait beaucoup trop froid pour visiter la plage de Haeundae tout près, de toute façon, ça semble un peu trop achalandé à notre gout!

Mise en ligne par bhophoto

Busan


Quand on reçoit la confirmation de l'auberge par courriel, on reste quelque peu perplexe.

Prenez la sortie numéro 3 de la station de métro Beomaegol. Traversez la rue et prenez à gauche, puis à droite à la pharmacie jusqu'à un pont vert. Sur le pont, recherchez une porte grillagée qui donne sur un escalier menant à un stationnement plus bas. Rejoignez l'immeuble 106. Composez le 1806 sur le clavier de l'entrée et empruntez l'ascenseur jusqu'au 18e étage.

Dans le parking peu éclairé, idéal comme repaire de psychopathes, on accélère le pas. Dans l'ascenseur, un hit pop coréen sirupeux sort des haut-parleurs, les néons crépitent et une famille coréenne avec des sacs d'épicerie plein les bras, visiblement surprise de notre présence, nous regarde d'un air curieux. Hello.......... aucune réponse. Il y a comme un petit malaise. Ils nous scrutent de haut en bas, la musique continue, qu'est-ce qu'on fout là, pourquoi on a réservé l'hôtel le moins cher de toute la ville sur internet. On aurait dû au moins apprendre à dire bonjour en coréen. Au 18e, l'ascenseur s'ouvre enfin. Devant nous, trois portes d'appartement, mais aucune enseigne pour le Blue Backpackers!

On reste là, confus, devant les trois portes. Enfin, l'une s'ouvre et une jeune femme, un mignon bébé dans les bras, nous accueille dans un français approximatif. Bonjour Jean-Michel, bonjour Elaine, comment allez-vous? Bienvenue chez moi!

Ce n'est pas un hôtel, mais plutôt un appartement où la propriétaire loue des chambres. Elle a des clients de partout à travers le monde et peut ainsi voyager à sa façon, découvrant les autres cultures et les langues étrangères, sa passion. L'endroit est vraiment accueillant, on peut relaxer dans les sofas du salon et discuter avec les autres voyageurs.

De retour dans l'élévateur, pour aller explorer la ville, les regards investigateurs sont de retour, mais cette fois on est prêt, annyong ha se yo! Tout le monde sourit et nous dit bonjour à leur tour. Quelques balancements du bassin au son de la kpop, un merci (gomap sum ni da) quand on nous tient la porte en sortant et ça y est, les visages froids se transforment en de larges sourires pour les jours suivants.

Avec près de 4 millions d'habitants et le cinquième port le plus occupé au monde, Busan grouille de vie. Les motos circulent sur les trottoirs, l'air est poussiéreux, le trafic anarchique, il y a un boucan constant, des gens partout, des échoppes de bouffe exotiques à chaque coin de rue, des odeurs ignobles et savoureuses qui se mélangent, des enseignes néons fluos qui aveuglent, c'est le retour de l'Asie chaotique que l'on aime tant!

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Le quartier piéton de Seomyeon est le repère des jeunes Coréens branchés. Les karaokés, les restaurants, les night-clubs et les salons de bubble tea se succèdent. Affamés, on entre dans un restaurant au hasard. Trois ou quatre tables avec des chaises en plastique, aucune déco sauf un petit chat électrique chromé or (Maneki Neko) qui nous fait signe de rentrer, pas de menu en anglais, à vrai dire pas de menu du tout. On n'a pas encore trop compris pourquoi, mais selon notre expérience en Asie, plus un restaurant est moche, plus on se régale et l'endroit ne fait pas exception.

Depuis le début de notre voyage, aucune autre gastronomie que celle de la Corée n'a été aussi inconnue. Qu'est-ce qu'on mange en Corée? Aucune idée. Notre première découverte, le Bibimap. Un bol de riz recouvert de plusieurs légumes inconnus, de trucs bizarres qui ressemblent à des nouilles, d'une sauce huileuse et d'un oeuf cru........ on est pas sûr!

Affamés, on plonge quand même rapidement dans notre assiette. La serveuse lève les yeux en l'air et s'approche de notre table. Sans nous dire un mot, elle ouvre un plat de plastique sur la table d'où elle sort une bonne poignée de chou mariné dans de la sauce rouge qu'elle rajoute à notre assiette. Un peu plus de sauce huileuse et elle mélange le tout vigoureusement avec une cuillère. Les bras croisés, sans émotion, elle nous regarde manger en attendant notre verdict. On jette un coup d'oeil à notre guide de conversation, merci c'est un vrai délice! (masisseosseumnida).............. Le silence total dans le restaurant, tous les clients se retournent, en laissent tomber leur baguette et nous fixent à leur tour. Est-ce que l'on aurait mal prononcé? On essaie une deuxième fois, MA SI SSEO SSEU MNI DA, toujours aucune réaction! Quand soudain dans un coin AAAAAAAAAAA!!!!! masisseosseumnida ça chuchote, ça rie puis ça répète en choeur masisseosseumnida, masisseosseumnida tout le monde semble comptant et la serveuse nous offre fièrement une autre portion de chou, du kimchi.

Bien rassasié, on rentre se coucher. Demain, on visite les temples de Beomeo-sa.

À bord du New Camelia

Les poches dépouillées de tous nos derniers yens pour payer de justesse les frais de douane, on monte enfin à bord du ferry, le New Camelia, qui nous mènera vers la Corée du Sud.

Les billets les moins chers nous donnent quand même accès à une cabine avec couchette, ou plutôt un tatami que l'on peut installer où bon nous semble dans la pièce. On y dépose nos sacs puis on part explorer les alentours. Sur les 522 passagers à bord, plus des trois quarts ont moins de 13 ans, portent des suits de jogging fluos identiques et courent, surexcités, dans tous les sens en criant à tue-tête. Le seul moment où ils se calment un peu, c'est quand ils nous aperçoivent. Confus, ils arrêtent subitement leur course folle, nous pointent du doigt et rigolent entre eux. Il faut dire que parmi les 522 passagers asiatiques, 2 occidentaux ça détonne un peu!

On sort sur le pont pour prendre l'air, mais il y a un vent terrible qui secoue dangereusement l'imposant navire de vingt mille tonnes. Comme on ne veut pas s'envoler ou être retrouvés noyés dans la mer de l'est, on retourne rapidement à l'intérieur, un peu inquiets malgré l'allure sécuritaire du bateau. En passant, qu'est-il arrivé au Old Camelia?

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Le chemin du retour vers la cabine se fait en zigzaguant au rythme des vagues d'un bord à l'autre du corridor. Notre compartiment est toujours vide excepté quelques valises laissées là par les autres occupants. On étend notre tatami sur le sol. Bercés par la mer, on s'endort rapidement.

À notre réveil, on n'est plus seul dans la cabine. On devait dormir profondément, parce que toute une famille mange juste à nos côtés et on ne s'en est même pas aperçu.

Konnichiwa petite famille discrète.

La plus jeune de la famille nous répond dans un anglais impeccable et toute la famille semble très impressionnée. Surtout le père, qui fortement ému, tente de retenir une larme. Les études au Canada ont porté fruit, tout cet argent n'a pas été dépensé en vain. On voit toute la fierté dans ses yeux, c'est la première fois qu'il entend parler sa fille en anglais.

Comme la plupart des asiatiques qui étudient l'anglais, elle s'est choisie un nom anglophone pour faciliter les choses. Ça fait toujours drôle de rencontrer un Jack, un Bob, une Anne ou dans le cas présent, une Sarah qui n'a vraiment pas l'air d'une Sarah! Elle traduit notre conversation avec toute sa famille pour le reste du trajet qui aura duré près de 13 heures au total. Elle a adoré le froid du Canada, la nourriture, l'ouverture d'esprit et les magasins Aldo! Comme nous, elle a la piqure du voyage et reviens du Pérou. Elle a justement un souvenir parfait à nous offrir en cadeau, une tuque péruvienne. Ça tombe bien, il fait froid en Corée! Sa mère a des sachets chauffants pour nos souliers et son père, des pastilles pour notre gorge. Sa tante, elle, nous donne encore plus de sachets chauffants parce qu’il fait très très froid en Corée! On commence à être nerveux, on n’avait pas prévu ça, le froid, en faisant nos bagages.

Un peu mal à l'aise d'avoir reçu tant de cadeaux sans avoir rien à partager avec eux, on fait la promesse que l'on fait toujours dans ces moments-là. Si vous venez au Québec, passez par chez nous! Le problème, c'est qu'on n'est jamais là. On va rire le jour où nos parents vont nous écrire en panique : eh, vous deux, pourquoi y' a un bus de Japonais devant notre maison?

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L'aventure se poursuit en Corée du sud

Fukuoka, ferry vers la Corée du sud

Un peu comme le personnage de Bill Murray dans Lost in translation ou Joey dans Friends, plusieurs acteurs très connus qui ne feraient jamais de publicité dans leur pays viennent au Japon promouvoir des produits dans des annonces souvent ridicules.

Certains, comme Schwarzenegger, doivent le regretter longuement.





Par contre, Brad Pitt a vu sa cote de popularité augmenter en jouant dans une pub japonaise. Dans un spot pour les jeans Edwin, il joue de la guitare comme un pied, chante comme une casserole en japonais et prononce mal le chiffre 503. Il chante "go maru san", alors qu'il faut dire "go mari san". Les jeunes ont trouvé ça cool et c'est devenu très branché de porter des 503 prononcé à la Pitt.

Dernièrement, c'est un gros plan peu avantageux de Tommy Lee Jones avec un remarquable air de boeuf que l'on peut voir sur toutes les machines distributrices en ville. Tommy nous propose du café chaud en canette, vraiment parfait pour se réchauffer les mains par le temps froid qu'il fait ces derniers jours.


Impossible d'éviter son regard, le Japon a, sans contester, le plus grand nombre de machines distributrices par habitant, soit une pour chaque 23 Japonais. En marchant dans la rue, on n'a aucune difficulté à le croire, chaque coin de rue en compte au moins une, si ce n'est plusieurs. On y vend de tout : breuvages énergétiques multivitaminés, lait de soya aromatisé, sodas,
bière, saké, cigarettes, grignotines bizarres à base de poulpes, soupes noodle chaudes, pizza tiède, frites molles, maïs, homards vivants, parapluies, oeufs, piles... et même du papier de toilette avec des mangas imprimés dessus pour avoir un peu de lecture aux toilettes.



D'ailleurs, un tour dans une des toilettes ultras modernes du Japon est une attraction touristique en tant que telle, une vraie expérience multisensorielle! Vous pouvez lire votre manga préféré, les fesses bien au chaud sur le siège chauffant, tout en sifflotant au rythme de la musique d'ambiance diffusée par des haut-parleurs intégrés. Si la musique ne camoufle pas vos bruits corporels gênants, il y a un bouton qui émet un faux bruit de chasse d'eau spécialement pour ça. Il suffit de trouver lequel. Le panneau de contrôle qui règle les fonctions lavage, rinçage et séchage de votre derrière est digne d'une navette spatiale. Avec toutes ces options, vous pouvez repartir avec votre bd intacte. Il ne reste plus qu'à trouver comment flusher réellement!

Des machines distributrices à chaque coin de rue, des toilettes du futur, des écrans publicitaires immenses, des arcades hi-tec, des gadgets pas croyables, côté technologie, on croirait que tout est en avance de dix ans. ERREUR! Tout, sauf les distributeurs de billets. On a retiré de l'argent sans problème dans des dizaines de pays. Ici, certainement le pays le plus moderne de la planète, impossible de retirer dans aucune des milliers de banques. Désolé monsieur, on n'est pas connecté au réseau international! QUOI?............. Le seul endroit où il est possible de faire un retrait, c'est dans l'une des succursales de la chaîne de dépanneur américaine 7 eleven!

Lever tôt pour être certains d'arriver à l'heure au ferry qui quitte vers la Corée, on somnole tout le long du trajet en bus de plus d'une heure jusqu'au terminal international. Au guichet, personne, seulement un écriteau en japonais et en coréen. On demande à cinq personnes avant que quelqu'un puisse ou veuille nous traduire. Ouverture du guichet dans 15 minutes, argent comptant seulement. CALI..........D'OS.............DE.............. qui est-ce qui traîne 350$ dans son portefeuille? Pourquoi les cartes de crédit ne sont pas acceptées?

Il y a six guichets de banque différente au port, aucun qui ne soit connecté au réseau international et, bien entendu, pas de 7 eleven en vue alors que le bateau quitte dans 45 minutes. On se promène dans le terminal en demandant à tout le monde 7 eleven? 7 eleven?................... On nous regarde comme si nous étions deux cinglés jusqu'à ce qu'une jeune fille timide qui travaille au bureau d'information touristique, mais qui ne parle pas anglais, nous remette un dépliant en coréen. Au milieu des symboles incompréhensibles, des pointillés zigzaguent sur une carte complexe vers un gros X surmonté du symbole tant recherché, le 7 eleven! Il ne reste qu'une demi-heure avant le départ du bateau, carte en main, la chasse au trésor débute.

On tourne en rond, rebrousse chemin, tourne toujours en rond, chiffonne la carte puis la lance au bout de nos bras, on abandonne! Perdus dans les ruelles, par hasard, on tombe sur le dépanneur tant recherché. Le bateau part dans 10 minutes! Sprint final, on arrive au comptoir tout en sueur malgré le froid et on dépose nos 350$ sur le comptoir. On prend nos billets en vitesse et on se dirige vers les douanes. Un autre écriteau en japonais et en coréen, on ne comprend rien, sauf un seul symbole, 10$. Merde, les frais de douanes!

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